vendredi 30 novembre 2007

Scoopé par P45

Ça valait bien la peine de se rendre jusqu'ici pour se faire scooper par P45. En effet, l'émission Le Fou du roi de France inter a diffusé cette semaine une excellente version d'Hallelujah de Leonard Cohen par Karen Ann. De quoi contraster avec la version de Rufus "Je m'habille en chevalier" Wainright et celle (peut-être) excellente, mais inaudible, de Beirut. À moins que vous ne préfériez la langoureuse version de Leonard ?

mercredi 28 novembre 2007

Emma (suite et fin)

L'affaire des mystérieux « Emma je t'aime » qui hantaient Paris tire à sa fin. Il s'agissait bel et bien d'une campagne d'auto-promotion pour du marketing alternatif (Legardère Active Pub). Un peu ennuyant... (J'aurais préféré une pub de yogourt. Ça aurait eu de la gueule, non?)

mardi 27 novembre 2007

Réapparition (furtive) de Svlobodan

Mélanie dit avoir vu Svlobodan à sa place habituelle devant le Picard (produits surgelés). Il avait, semble-t-il, de nouveaux vêtements propres et l'air en santé.

Je suis sorti quelques minutes plus tard et il n'était déjà plus là. Heureux qu'il soit toujours en vie!

jeudi 22 novembre 2007

Emma

Étrange découverte dans le journal en fin de semaine : un grand espace publicitaire occupé seulement par le portrait d'une femme au stencil et un coeur dans lequel il est écrit « Emma je t'aime. Reviens! ». La blogosphère parisienne s'agite et les rumeurs vont bon train. Certains affirment toutefois qu'une boîte de pub nommée La Chose serait derrière l'affaire (désolé pour les romantiques). À suivre...

PS
Un commentaire sur le blogue emmajetaime.com résume merveilleusement bien la situation : « Si c'est un coup de pub, toutes mes félicitations, c'est très bien vu... et, si c'est réellement une déclaration d'amour, alors il va falloir arrêter parce que ça va pas tarder à nous soûler. »

mardi 20 novembre 2007

Désert



Avec la pluie, les grèves et la fin de la saison touristique, les rues de la Butte sont particulièrements vides ces temps-ci.

samedi 17 novembre 2007

Intervention

La veille, la Sorbonne nous avait payé le vin pour une soirée d'accueil. Alors, c'était un peu normal de ne pas arriver à l'heure (d'autant plus avec la grève des transports).

J'arrive au cours, pas de cours... J'attends un peu. Parle aux autres élèves : « pas de cours ». C'est à ce moment que j'entends les cris d'une foule dans les escaliers.

Je me précipite pour voir. Une vingtaine d'étudiants tentent de bloquer les agents de sécurité et les agents privés que la Sorbonne a nouvellement engagés. Les renforts arrivent, une fille passe presque par-dessus la balustrade, les coups partent d'un côté comme de l'autre. Les policiers arrivent, tapent aussi. Un des manifestants est arrêté.

En fait, les étudiants tentaient simplement de faire du bruit afin de perturber une rencontre du Conseil d'Administration. Je ne sais pas qui a commencé à frapper ni s'il avait tort ou raison, mais je sais qu'une fille aurait pu s'écraser un étage plus bas et que l'administration aurait pu endurer un moyen de pression somme toute assez mineur.

vendredi 9 novembre 2007

Promenade



Ces temps-ci, quand le soleil se pointe le bout du nez en après-midi, la lumière est idéale pour les photos.

Tout va bien (suite)

Hier, alors que j'écrivais mon dernier message, j'étais au Luxembourg où j'attendais que Mélanie termine son cours. Vers six heures, quand j'ai voulu retourner à l'université. La foule s'était massée rue de la Sorbonne et un cordon de CRS bloquait l'accès. Les slongans montaient et les communistes distribuaient des tracts. Je venais de basculer dans un autre univers quand, tout à coup, les bouteilles sont parties en direction de l'escouade anti-émeute.

Les policiers ont commencé à charger et je suis parti sans trouver Mélanie, évidemment. Comme nous avions rendez-vous au Piano Vache pour rencontrer des amis, j'ai opté pour la solution Shaun of the Dead et je me suis installé au bar pour boire un demi en attendant de voir si elle arriverait.

Elle n'est pas arrivée. Je me suis dit qu'elle devait être à la maison. Je me suis assuré que la Sorbonne avait été vidée et je suis parti. Mais, à l'appart, pas de Mélanie.

C'est seulement à 23h30 qu'elle est apparue, un peu éméchée. Elle était arrivée au Piano Vache après que je sois parti. Elle s'était fait larguer par le chauffeur d'autobus en plein trajet, sans carte : moyen de pression.

Après, elle avait été évacuée de la Sorbonne avant de ne pes réussir à trouver le bar à temps.

Drôle de journée, hier, à Paris.

jeudi 8 novembre 2007

Tout va bien

C’est drôle comme on peut être dépassé quand on vient d’ailleurs. Depuis deux jours, je me fais fouiller pour entrer à l’université, il y a des banderoles partout, et moi, ce matin, je demande au garde : « Qu’est-ce qui se passe au fait? ». L’autre, dans son costume bleu de garçon d’ascenseur, ne m’aurait pas regardé autrement si j’avais été habillé en ballerine. « Manif », qu’il me répond. Manif…
C’est étrange parce que les syndicats de la Sorbonne ne représentent qu’autour d’un pour cent des étudiants. Alors, c’est ce qu’un des représentants m’a expliqué, quand il y a grève, ils font une AG et ils votent pour ou contre. L’ennui c’est que l’AG peut surgir à tout moment et que tout ce que ça prend pour bloquer les cours c’est « un nombre significatif d’étudiants ». Ajoutez à ça des demandes floues et vous obtenez un chaos des plus spectaculaires.
Durant la nuit de mardi, les policiers sont venus expulser des étudiants d’un amphithéâtre. Je ne savais même pas qu’il était occupé.

En fait, ce que les syndicats demandent (entre autres choses) c’est l’abrogation de la loi relative aux universités, loi qui permet, en gros, aux universités d’être autonomes. Autonomie signifie compétition entre les facultés, augmentation possible des frais de scolarités (quasi nuls en ce moment) et porte ouverte au financement privé.
À voir l’état lamentable des locaux et des cours (pas de chauffage, peinture qui s’écaille, pas de projecteurs, pas assez de photocopies, quinze vieux ordinateurs, pas d’internet sans fil, bibliothèque moche, locaux remplis d’élèves qui doivent s’asseoir par terre, pas assez de profs, enseignement déficient), il semble évident que les Français doivent faire quelque chose.

Évidemment, la solution Sarkozy est de favoriser les filières, dites rentables, en permettant les investissements privés tout en désengageant progressivement l’État du système d’éducation au détriment des autres filières (lettres, sciences sociales, etc.).
Le problème, c’est que les syndicats proposent le maintien du faux système égalitaire qui existe en ce moment.

En France, tout le monde qui a son bac peut entrer en fac. Comme le bac est relativement simple à obtenir, les universités croulent sous le poids des nouveaux étudiants qui ne payent pratiquement rien. De l’autre côté, il y a les classes préparatoires qui, elles, se permettent de sélectionner à l’entrée et de faire payer les étudiants. Ajoutez à cela un système scolaire qui favorise la grande culture aux formations techniques et vous vous retrouvez avec une véritable aristocratie scolaire.
Non seulement les plus pauvres peuvent difficilement se payer l’accès aux classes préparatoires, mais ils n’ont pas non plus accès à cette grande culture valorisée par l’école républicaine qui permet l’accès aux grandes écoles. Résultat : sur les bancs de l’École Normale Supérieure, la plus réputée des grandes écoles françaises (où sont passés les Sartre, Beauvoir et autres Bergson), vous retrouvez tous les fils de ministres, de diplomates et autres vaches qui, eux, y ont accès, à la grande culture). En fait, la différence est si prononcée que, selon les statistiques de 1998, seulement 9 % des étudiants des quatre principales écoles venaient de milieu modeste.

Côté syndical, c’est le classique français. L’UNEF qui regroupait jadis une partie significative des étudiants s’est scindée dans les années 80 entre trotskistes, socialistes, communistes, végétariens, derridiens, caucasiens, sidéens, manchots, machos, fachos et granos.
Tout pour créer une formidable impasse dans laquelle la droite fait voter des lois qui amplifient un système déjà foncièrement inégalitaire tandis que la mobilisation étudiante est le fait de groupuscules qui s’identifient davantage à la lutte anti-Sarkozy (appui aux grèves de la RATP et de la SNCF, appui aux immigrants illégaux, etc.) qu’elle ne s’attache à proposer des solutions concrètes.

Ce soir, je suis sorti de mon cours et les CRS attendaient devant l’entrée en tenue de combat. Je m’approche de deux étudiants et je leur demande ce qui se passe. « Ils s’attendent à ce que des gens entrent. Ils se sont fait prendre y’a deux ans… Les gens leur lançaient des extincteurs et des ordinateurs à partir des fenêtres. C’était bien. »
De l’autre côté de la rue, les CRS attendaient un ennemi dans la rue vide quand un supérieur sans armure les a amenés au loin. Un groupe de touristes allemands venait prendre des photos de la Sorbonne.