samedi 29 septembre 2007

Clochards célestes

Je lisais récemment en ligne un excellent article du New Yorker sur la publication d’On the road de Kerouac qui m’a fait repenser à ces personnages perdus dans une Amérique qui n’existe plus. Beat : le mot qui, détourné de son sens, a inspiré la génération d’après-guerre, Kerouac l’avait fait plus grave, plus Dean Moriarty que bourgeois bohème, plus destructeur.

Ces personnages qui ne réussissent pas à s’établir, en perpétuel exil, avec la route comme seule terre d’accueil, route qu’ils payent au prix de la vie stable et heureuse qu’ils cherchent au fond.

En repensant à Dean Moriarty, l’enfant perdu d’Amérique, le fêtard fini qui a trop usé le bonheur, j’ai pensé à mes clochards, ceux que je croise chaque matin.

D’abord, il y a Svlobodan, l’alcoolique assis devant le Picard (produits surgelés). Je le croise plusieurs fois par jour, je le salue, il me salue. Je lui ai demandé un jour d’où il venait. Il m’a répondu qu’il était Yougoslave. «De Serbie ?

- Yougoslave.»

Un nostalgique de Tito…

Ensuite, un peu plus loin sur Ordener, il y a les gitans. Deux enfants, un plus petit, qui doit avoir 5 ou 6 ans, un plus vieux, qui doit bien avoir 9 ans et la mère qui doit avoir l’âge de Paris. Elle ressemble à la Migrant mother de Dorothy Lange sur laquelle un camion d’années serait passé, éternel voile vert et accent de nulle part.

Sur Du Ruisseau, devant La Cave (un café sympathique dont je ne vous ai pas encore parlé), un autre a planté sa tente MSF au milieu de la place. Alcoolique, il a dû se dire que ça faisait moins loin pour aller prendre un verre en vivant à côté du bar. Il va d’ailleurs souvent au bar.

Sinon, à Sèvres Babylone (station de métro que je commence à connaître à force de passer mon temps dans les «locaux» administratifs de la Sorbonne), il y a toujours cette femme avec un enfant dans les bras. Ils ne bougent pas, comme s’ils dormaient, le visage caché, avec «J’ai faim» écrit sur un bout de carton déposé par terre. Ils ne bougent jamais. Ils sont là tous les jours. Si vous allez en direction Boulogne, vous verrez un homme et un enfant qui font la même chose. Parfois ils échangent leur quart.

Hier soir, le Samu (ambulance) est passé devant chez moi. Svlobodan était trop soûl et les ambulanciers ont dû s’occuper de lui. Ce matin, il avait les yeux vides, sa main tremblait. Il a cherché tant bien que mal dans le fond de son vieux sac de plastique. Il en a sorti une bouteille de vin qu’il a ouverte avec peine parce que ses mains s’agitaient.

Quand je suis repassé, il ne tremblait plus. Il ne regardait rien, sa bouteille à la main. J’ai repensé à Dean Moriarty et je me suis demandé ce que Svlobodan cherchait sur la route, une route qui s’était arrêtée trop longtemps devant le Picard (produits surgelés) de la rue Ordener à Paris.

Fait amusant

Dernièrement, Libération publiait un article intitulé Le Québec, terre d’accueil pour les immigrants. Il y était question des programmes d’insertion du gouvernement québécois et l’article citait une source du ministère.

Étrangement, le 11 septembre dernier, la Presse intitulait un article Le Québec, terre d’accueil aride pour les immigrants dans lequel il était question des difficultés d’intégration des immigrants au marché du travail.

jeudi 27 septembre 2007

L'Enfer vert

Étienne m'a apporté un cadeau la fin de semaine dernière. La Chartreuse, jadis utilisée comme un élixir de vitalité en a, au moins, gardé le goût de sirop. Sauf qu' avec 55 degrés bien sucrés, vaut mieux savoir le lendemain que les Tylenols, ici, s'appellent des Dolipranes.

Je dois cette merveilleuse idée au Great Gatsby et, bien sûr, à ce cher Quentin qui, dans Grindhouse, parle de «the only liquor so good they named a color after it». J'ai mal au coeur rien que d'y penser... Merci les artistes.

jeudi 20 septembre 2007

Fonctionnaires encore

Journée de paperasse aujourd'hui à l'université. Je suis passé par le pôle de relations internationales pour avoir ma carte d'étudiant (Mélanie, elle, n'avait pas tous les papiers). Au moins, les gardes en bleu nous ont laissé entrer. Après, ça a été plus compliqué parce que l'Université de Montréal n'avait pas envoyé ses dossiers encore.

Ensuite, j'ai dû passer au bureau des cartes, mais ils n'ont pas pu me faire la carte parce que je n'avais pas d'attestation de paiement de frais de scolarité. Ils m'ont donc envoyé à l'accueil qui m'a renvoyé... au bureau des cartes.

J'ai dû remonter au pôle des relations internationales parce que j'avais oublié de prendre (ou on avait oublié de me donner) l'attestation de paiement de frais de scolarité.

Rendu au bureau des cartes, on m'a envoyé à un autre bureau, plus loin pour obtenir le formulaire vert. Avec le formulaire vert, j'ai finalement pu avoir ma carte d'université (en retournant au bureau des cartes, bien sûr) !

Reste le choix de cours... là, ça se complique. Nos équivalences étant principalement en L3, mais aussi en L2 (peut-être). Nous devons nous rendre à l'UFR de Lettres modernes dans les bâtiments du 5e arrondissement ET à Malesherbes (dans le 17e) pour avoir les informations nécessaires au choix de cours qui doit se faire sur le site internet de l'université (en se présentant aux bonnes dates et en n'oubliant pas les équivalences avec les cours de l'Université de Montréal).

Avec Mélanie qui, en plus, doit faire sa carte (question, aussi, d'envoyer des formulaires à Montréal et de pouvoir avoir notre carte de séjour), je crois que nous allons devoir nous acheter une tente pour camper en Sorbonne !

dimanche 16 septembre 2007

Chassepot

Les bonshommes de Chassepot ont quelque chose d'éminemment sympathique. Jolie découverte aux Jardins du Luxembourg.



(Le vrai nom de Chasse-Pot est Paul Rancillac)

mercredi 12 septembre 2007

Du Pipi

On parle souvent de crottes de chien à Paris, mais on entend moins souvent parler d’un fait tout aussi évident : Paris sent le pipi.

Lundi soir, nous étions au Square Léon-Serpollet à côté pour profiter de la borne wi-fi (prononcé «oui-fi» ici, pas «ouaille-faille», j’ai essayé au début mais, comme je n’ai jamais réussi à me faire comprendre, je suis obligé de dire «oui-fi», même si ça ressemble à un nom de chien).

Donc, des enfants jouaient pendant que nous étions en train d’écrire nos courriels dans le parc. Nous étions assis sur un banc sous un grand arbre. Puis, derrière nous, un des enfants se met à pisser à l’abri de l’arbre. Silence.

Bah ! qu’on se dit… Un enfant qui pisse. Rien à signaler.

L’ennui c’est qu’un deuxième enfant, accompagné de sa mère celui-là, vient pisser au même endroit. Puis, un autre enfant… Et un autre… Il y avait bel et bien une toilette dans le Square mais, rien à faire, le petit parisien préfère se soulager à l’air libre.

Bon… On y songera avant de s’asseoir sur la pelouse.

Quelques minutes plus tard, en marchant sur le trottoir, une petite fille s’arrête et pisse sur le trottoir. Elle laisse une petite flaque par terre et pleure. Le pied de Mélanie se pose dans la petite flaque. «Merde !»

Pas exactement.

lundi 10 septembre 2007

Musée Rodin

Les jarins du Musée Rodin sont toujours aussi jolis...

samedi 8 septembre 2007

Le Pigeon

Il y a trois jours, un pigeon m’a foncé dessus. Ça m’a fait réfléchir. D’abord, à la vie… non, je blague.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le pigeon parisien est beaucoup moins stressé que le pigeon montréalais. En fait, en étant un peu sadique, on pourrait même lui marcher dessus. Étant donné qu’il semble y avoir énormément plus de pigeons à Paris qu’à Montréal, on pourrait sans doute se promener toute la journée à Paris sans jamais toucher le sol en marchant seulement sur des pigeons. Ça reste à voir…

À Notre-Dame, nous avons vu un homme assis au milieu d’un tas de pigeons. Il en avait sur les avant-bras et tout autour de lui. Il devait être sur les photos d’au moins dix mille japonais, et il devait connaître des centaines de pigeons. Je lui ai demandé s’il connaissait leurs noms à tous. Il a répondu «Presque». Je me demande s’il connaît celui qui m’a foncé dessus. Ça reste à voir.

Mr. Propre

La première chose qui vous frappe lorsque vous entrez dans une grande surface française, c’est à quel point tout est pareil sans réellement l’être. À l’épicerie par exemple, vous avez des allées, des affiches, des pubs, des néons, des paniers, une section fruits et légumes, une section pour les produits laitiers… tout ce qu’il y a au Québec.

N’empêche que tout est légèrement différent. Déjà, le panier est enchaîné… il faut le déverrouiller avec une pièce d’un Euro. Les fruits et légumes se ressemblent en gros à quelques détails près (le classement et les noms surtout sont différents).

C’est en s’enfonçant dans les allées que le cauchemar commence. Le Grand Lait prend la place de Natrel, le thé Lipton n’est plus pareil, la brioche se vend tranchée, même le mauvais café Van Houtte qu’on croyait éternel devient du Carte Noir.

Tout ça a quelque chose d’insécurisant. Les jingles que maman télé chantait le soir quand nous étions petits ne valent plus rien, ils ont sombré quelque part au milieu de l’Atlantique Nord pour ne nous laisser que des marques de commerce mystérieuses et inquiétantes.

Pire, ils ont même touché à la figure paternelle de la propreté, au viril homme de ménage. Monsieur Net est devenu Mister Propre... Plus rien n’est certain.

122, rue Ordener

Nous avons pris possession de l’appart mardi matin. Il a fallu prendre un taxi et se taper les bouchons sur le périphérique pour transporter nos tas de valises du XIIIe arrondissement (où était l’auberge) au XVIIIe (l’autre bout de la ville, si vous voulez).

Nous avons presque réussi à arriver à l’heure et madame Kada (la propriétaire) nous a bien accueillis.

L’appart est magnifique. Le quartier est chouette. À deux pas, il y a la vie de quartier, une laverie, une boulangerie, des tas de cafés et tout et tout. Nous sommes à une dizaine de minutes du sommet de la butte Montmartre, Place du Tertre, Sacré-Cœur, etc. Il y a un marché tout près aussi. Tout est parfait.

Le seul ennui c’est que nous n’avons pratiquement pas de meubles… Il nous manque une table, des chaises, des rideaux, du rangement… presque tout!

Arrivée

Ça fait déjà cinq jours que Mélanie et moi sommes arrivés à Paris, mais je viens de trouver une connexion Internet pour vous envoyer des nouvelles.



L’arrivée a été plutôt banale. Accueil et autobus de l’OFQJ. Groupe d’étudiants en ingénierie de Sherbrooke. Deux hippies sympathiques. Auberge correcte. Rien à signaler. Faisait un peu froid.