vendredi 22 février 2008

Dieu

Je ne sais pas si les prophètes ont reçu la parole divine dans une enveloppe brune mais, pour moi, c’est comme ça que c’est arrivé. Une enveloppe banale, a priori, avec des timbres canadiens. Sauf qu’à l’intérieur il y avait deux sachets de sauce brune…

Bon d’accord, j’avais pas le fromage en crottes, ni les frites de bord de 132 (j’suis pas en Belgique, quand même). Certains diraient même que de l’Edam râpé sur une poutine ça tient du sacrilège. Mais faute de pain on mange… enfin, vous savez.

De sentir le fromage fondre délicatement sous l’effet de la chaleur du gravy, se répandre lentement sur les frites pour s’amalgamer à cet amas brun de saveur et de gras, j’avais presque envie de mettre une chemise à carreaux, d’aller couper des platanes et de les envoyer flotter sur la Seine pour draver jusqu’au Havre. Je serais allé faire de la raquette sur le Montmartre, chasser le carcajou aux Buttes Chaumont, entailler les marronniers des Tuileries, n’importe quoi parce que ça goûtait le Québec, le vrai, celui qui est un pays depuis 95 et où le but d’Alain Côté était bon.

De penser à ces vaches noires et blanches broutant les brins d’herbe battus par le vent du St-Laurent pour donner ce lait délicatement moulé en crotte, à ces patates plantées dans la terre rocheuse des Appalaches défrichée par les mains dures des colons rêveurs et aux Iroquois échangeant les jarres de sauce brune passées de portage en portage depuis les Grands Lacs et le ventre sauvage de l’Amérique contre des bouts de miroirs, je savais que la vérité était devant moi, et que cette vérité n’avait qu’un seul et unique nom : de la poutine!

12 commentaires:

Stéphane Ranger a dit…

Ah! Vicieux! Tu donnes le goût de la débauche.

Samuel Mercier a dit…

J'espère bien. Pense à ta chance d'avoir la fine fleur de la gastronomie québécoise à la portée de la main (ou de la bouche, enfin, tu comprends).

Pier-Anne a dit…

Sois maudit! Avec ton satané texte je succombe à l'envi d'allé me chercher une délicieuse poutine du mini putt ou du pierette et laval. Et puis merde!

À la tienne!

Samuel Mercier a dit…

Bonne idée! (Mais c'est pas une raison pour oublier l'accord de tes participes passés =P)

Pier-Anne a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Pier-Anne a dit…

Va chier! Dis-je en mangeant ma poutine du mini-putt! On sait bien Monsieur est à la Sorbonne.

Je viens d'aller faire un tour à Saint-André tout simplement parceque c'est une journée magnifique. Le rang misissippi était superbe sous le soleil d'aujour'hui.

Samuel Mercier a dit…

Ah! les balades en voiture...

Rachel a dit…

C'est un texte très inspirant... Ça me fait penser que j'ai trouvé un vieux sachet de sauce st-hubert dans l'armoire, vestige du temps où j'étais simple touriste en France. Je ne suis pas encore en manque, mais j'y pense souvent.

Samuel Mercier a dit…

Haha! Garde-le, tu vas voir que c'est utile (si t'as pas de cheddar essaye vraiment l'Edam, je blague, mais c'est excellent). Au fait, t'es où toi ?

Unknown a dit…

Je ne savais pas que mon sachet de sauce, discrètement envoyé dans une banale enveloppe brune, susciterait autant de réactions. Décidément, ces sont parfois les choses les plus simples qui nous rendent heureux.

Maman

Unknown a dit…

mes excuses pour le ces, lire "ce sont parfois..."

Alesse a dit…

Miam.