jeudi 13 décembre 2007

Aventures marseillaises - 1 - La Mer

Dans ma tête de Nord-Américain, prendre le train a toujours été quelque chose de spécial. Ça va vite, c’est confortable, il y a une voiture-restaurant. Voiture-restaurant : Le mot a une résonance étrange, filmique. « Je te rejoins à la voiture-restaurant » : la phrase sonne merveilleusement bien. Elle est d’un autre monde, du Far West ou je ne sais pas…
Bon, on déchante évidemment en voyant les prix ou un groupe d’Allemands en train de se soûler à la Kronenbourg, mais j’adore. Et puis, quand c’est la Provence qui déroule à 300 km/h de l’autre côté de la fenêtre, c’est encore mieux.
Après, c’est l’arrivée à Marseille, retrouver la petite Dalia Younsi et prendre le métro jusqu’à l’auberge.
Premier constat : le métro de Marseille n’a que deux lignes. Dur de se perdre.
Deuxième constat : ils ont engagé un designer daltonien pour le choix des couleurs à l’intérieur (jaune, brun, orange).
Troisième constat : les gens sont laids. Merveilleusement laids. Pas qu’ils ne soient spécialement tarés au point de vue de la génétique, non, certainement pas, mais, contrairement à Paris, les gens ont davantage l’air d’être sortis du catalogue de l’Aubainerie que du dernier défilé de chez Dior. Celui-là a une grosse moustache, l’autre est intégralement vêtu aux couleurs de l’OM (saumon et bleu poudre), lui s’est tartiné les cheveux de gel au point de ressembler à un des danseurs de Gerardo.
Au début, après trois mois passés à Paris, la différence frappe. Et puis, tranquillement, on sent l’ambiance décontractée qui prend le pas. C’est Marseille, pas Paris.

L’auberge Bonneveine a l’air d’une petite polyvalente comme presque toutes les auberges de jeunesse. Il n’y a pas de lunettes sur les toilettes des hommes, tous les plats du poisson au poulet goûtent la même chose et le déjeuner inclus n’inclue pas grand-chose sauf du pain, des confitures trop sucrées et du mauvais café, mais il y règne (généralement) une ambiance de fête.
L’ennui c’est qu’à l’arrivée l’auberge est vide, comme celle dans Shining. Nous sommes seuls dans nos dortoirs, le mistral souffle et Jack Nicholson lance sa baballe contre les murs.

Peu importe, on dépose les sacs (enfin) direction la mer que Mélanie n’a jamais vue. Quelques pas plus bas et c’est le mistral qui nous accueille. Au bout d’une rue transversale, les vagues de la Méditerranée viennent se briser sur la plage du Prado.
Reste plus qu’à descendre, qu’à sentir le vent qui nous décoiffe et qu’à regarder les vagues, attendre les plus grosses et reculer pour ne pas se faire mouiller les pieds. La mer, on pourrait la regarder des heures.

1 commentaire:

Unknown a dit…

wow! Wow sur tout! Wow sur l'écriture, wow sur les histoires racontées. Wow! Juste wow!
Ici, il neige et il neige encore. C'est tout blanc et ils annoncent une autre tempête demain. Ah! Tu me donnes vraiment le goût de retourner en voyage, même sous le mistral.

Josée