vendredi 30 mai 2008
Dernier travail remis
Ça s'est terminé sur les chapeaux de roues, la dernière touche, l'impression, relecture et puis la joie de le mettre dans le casier. Adieu Sorbonne! Plus de travaux, plus de cours! Je reviendrai prendre des photos...
Métaphysique du métropolitain
« Équipés de chasubles jaunes fluo et de gants épais, ils répètent les mêmes mots et les mêmes gestes toutes les deux minutes trente : "Non monsieur, on ne monte plus." Le monsieur en question a tenté de se glisser dans une rame alors que la sonnerie de fermeture des portes avait déjà retenti. Il est furieux. Question considération, le métier d'agent de régulation laisse à désirer. "Le monde extérieur n'existe pas pour les usagers. Ils vont de leur travail à leur domicile, quand ils passent ici, ils sont hors de leur journée, hors du temps"» - Libération 30 mai 2008
lundi 19 mai 2008
La Mort de l'ordinateur
Aujourd'hui j'ai réalisé le cauchemar de tous les geeks en renversant une tasse de café sur le clavier de l'ordinateur de Mélanie. Une manière de lui souhaiter bonne fin de session, faut croire. J'ai eu beau le déconnecter, l'éteindre, enlever la batterie et le brasser, le pauvre MacBook n'a plus très envie de coopérer.
Jolie facture en perspective...
Évidemment, c'est pas sur la garantie AppleCare (qui ne couvre que les choses improbables). Alors, j'ai essayé de le faire passer pour un problème de fabrication. Donc, on arrive chez le réparateur : « L'ordinateur ouvre plus... », que je lui dis. Il le prend, appuie sur le bouton. Rien. Il me demande : « Il est encore sous garantie ?
- Oui.
- Un instant. »
Il va en arrière un moment... et revient.
« On dirait que quelqu'un a renversé du café dedans. »
J'aurai essayé...
Jolie facture en perspective...
Évidemment, c'est pas sur la garantie AppleCare (qui ne couvre que les choses improbables). Alors, j'ai essayé de le faire passer pour un problème de fabrication. Donc, on arrive chez le réparateur : « L'ordinateur ouvre plus... », que je lui dis. Il le prend, appuie sur le bouton. Rien. Il me demande : « Il est encore sous garantie ?
- Oui.
- Un instant. »
Il va en arrière un moment... et revient.
« On dirait que quelqu'un a renversé du café dedans. »
J'aurai essayé...
mardi 13 mai 2008
Bibliophilie
Voici un article qui était sensé paraître dans le dernier Pied qui n'a jamais vu le jour.
Je me promenais sur les quais quand je l’ai vue. Elle était là, blottie au fond d’une boîte verte de bouquiniste : la mythique édition Pléïade de Borges. La traduction de Jean-Pierre Bernès en Pléïade est, dit-on, la meilleure, d’autant plus qu’elle n’est plus éditée à cause de la veuve de l’auteur Argentin qui protège farouchement les droits.
Mais, ce jour-là, elle est devant moi, scintillante dans le « mauve pluvieux » du ciel parisien. Je tends la main pour la prendre, et le libraire me fait les yeux gros. « Est-ce que c’est… » Et il me regarde en hochant de la tête. « Combien elle coûte?
- Tu peux toujours rêver. »
Merde, ils ont l’œil pour repérer les bibliophiles sans le sou, les bouquinistes parisiens. Et il faut être drôlement rapide pour dénicher une perle avant eux. Trop de fois que ça m’arrive, parce qu’à Paris, question livres, rien à voir avec le Québec. De l’incunable à la lettre manuscrite de Proust en passant par les Marguerite Duras inédits ou les chaussettes de Paul Eluard : tout se trouve dans la ville lumière. Et quand je dis tout, c’est tout.
Ajoutez à ça des centaines (des milliers ?) de librairies et vous voilà tombé dans une véritable chasse au trésor où le moindre vide grenier est susceptible de se transformer en galion espagnol égaré au milieu de la mer des Caraïbes.
Quand j’étais à Montréal, j’avais l’habitude d’aller chez The Word dans le ghetto McGill pour trouver des livres en anglais, livres qui avaient le double avantage de sortir du cadre « études françaises » et de coûter moins cher. Mais, à Paris, lire dans la langue de Shakespeare se paye. D’autant plus que le livre, en France, se vend moins cher qu’au Québec (et au même prix partout, sauf pour l’usagé). Tout le contraire de notre pays qui n’est pas un pays mais l’hiver, donc.
C’est en cherchant un de ces livres que je suis tombé sur Shakespeare and Co. On m’avait parlé de l’endroit, mais je n’y avais jamais mis les pieds.
L’endroit est un sanctuaire. Située face à Notre-Dame, sur la rive gauche, la bouquinerie existe depuis 1951. Son propriétaire et fondateur, le mythique George Whitman, avait décidé de ne pas rentrer aux États-Unis après la guerre. À cette époque, le nom Shakespeare and Co. est déjà mythique. Une librairie du même nom avait été fondée, rue de l’Odéon, dans les années 20 par Sylvia Beach, éditrice de James Joyce. L’établissement devra toutefois fermer ses portes sous l’occupation, la libraire ayant refusé, selon la légende, de vendre sa dernière copie de Finnegan’s Wake à un officier nazi. Le boutique sera libérée, mitraillette à la main, par nul autre qu’Ernest Hemingway. Mais Beach est déjà vieille, et elle finira par léguer le nom et sa collection à Whitman dans les années 60. La petite maison de la rue de la Bûcherie prend, dès lors, le flambeau de la culture américaine à Paris pour devenir, par la suite, un lieu de pèlerinage pour les bibliophiles de tous les horizons.
Les murs sentent encore la beat generation. L’appartement du troisième étage a vu les Ginsberg, Miller, Nin ou Durrel. Au fond du rez-de-chaussée, un écriteau « Play me » attend près d’une partition ouverte sur le vieux piano. Le concept est assez simple : George offre le logis contre un peu d’aide dans la boutique et à la condition de remettre une petite biographie et de lire un livre par jour. À 91 ans, il accueille toujours les étrangers. Les murs sont couverts de photos, de messages qui lui sont dédiés. Je me penche pour les lire tandis qu’un chat passe parmi les livres.
Et puis, dehors, il y a la nouvelle génération, ces drôles d’Américains qui mangent du tofu, étudient en Gender studies and postcolonial history of architecture, vont dans des soirées de spoken word et ne boivent pas de bière. Ce sont les mêmes qu’on retrouve sur les bancs de la Sorbonne à ne pas trop comprendre ou à demander une serviette dans une auberge de jeunesse de Düsseldorf.
Reste qu’ils se reposent là, prennent un livre, déposent leur sac et se couchent sur le banc qui fait face à la Seine sous les fleurs roses du printemps de Paris. Et quand il fait trop froid, ou quand viennent les giboulées, ils montent au deuxième pour prendre un livre dans la sélection « Not for sale » de George qui accueille les amis en toute saison.
Chez Shakespeare and Co., je n’ai pas trouvé de trésor, pas de Pléïade de Borgès ou de premières éditions oubliées, rien à enterrer pour mes vieux jours. Je ne sais pas ce qui survivra à George Whitman, mais son rêve (c’est le mot) est toujours présent malgré le nom qui vaut déjà cher et le prix des livres qui monte au rythme
Je me promenais sur les quais quand je l’ai vue. Elle était là, blottie au fond d’une boîte verte de bouquiniste : la mythique édition Pléïade de Borges. La traduction de Jean-Pierre Bernès en Pléïade est, dit-on, la meilleure, d’autant plus qu’elle n’est plus éditée à cause de la veuve de l’auteur Argentin qui protège farouchement les droits.
Mais, ce jour-là, elle est devant moi, scintillante dans le « mauve pluvieux » du ciel parisien. Je tends la main pour la prendre, et le libraire me fait les yeux gros. « Est-ce que c’est… » Et il me regarde en hochant de la tête. « Combien elle coûte?
- Tu peux toujours rêver. »
Merde, ils ont l’œil pour repérer les bibliophiles sans le sou, les bouquinistes parisiens. Et il faut être drôlement rapide pour dénicher une perle avant eux. Trop de fois que ça m’arrive, parce qu’à Paris, question livres, rien à voir avec le Québec. De l’incunable à la lettre manuscrite de Proust en passant par les Marguerite Duras inédits ou les chaussettes de Paul Eluard : tout se trouve dans la ville lumière. Et quand je dis tout, c’est tout.
Ajoutez à ça des centaines (des milliers ?) de librairies et vous voilà tombé dans une véritable chasse au trésor où le moindre vide grenier est susceptible de se transformer en galion espagnol égaré au milieu de la mer des Caraïbes.
C’est en cherchant un de ces livres que je suis tombé sur Shakespeare and Co. On m’avait parlé de l’endroit, mais je n’y avais jamais mis les pieds.
L’endroit est un sanctuaire. Située face à Notre-Dame, sur la rive gauche, la bouquinerie existe depuis 1951. Son propriétaire et fondateur, le mythique George Whitman, avait décidé de ne pas rentrer aux États-Unis après la guerre. À cette époque, le nom Shakespeare and Co. est déjà mythique. Une librairie du même nom avait été fondée, rue de l’Odéon, dans les années 20 par Sylvia Beach, éditrice de James Joyce. L’établissement devra toutefois fermer ses portes sous l’occupation, la libraire ayant refusé, selon la légende, de vendre sa dernière copie de Finnegan’s Wake à un officier nazi. Le boutique sera libérée, mitraillette à la main, par nul autre qu’Ernest Hemingway. Mais Beach est déjà vieille, et elle finira par léguer le nom et sa collection à Whitman dans les années 60. La petite maison de la rue de la Bûcherie prend, dès lors, le flambeau de la culture américaine à Paris pour devenir, par la suite, un lieu de pèlerinage pour les bibliophiles de tous les horizons.
Et puis, dehors, il y a la nouvelle génération, ces drôles d’Américains qui mangent du tofu, étudient en Gender studies and postcolonial history of architecture, vont dans des soirées de spoken word et ne boivent pas de bière. Ce sont les mêmes qu’on retrouve sur les bancs de la Sorbonne à ne pas trop comprendre ou à demander une serviette dans une auberge de jeunesse de Düsseldorf.
Reste qu’ils se reposent là, prennent un livre, déposent leur sac et se couchent sur le banc qui fait face à la Seine sous les fleurs roses du printemps de Paris. Et quand il fait trop froid, ou quand viennent les giboulées, ils montent au deuxième pour prendre un livre dans la sélection « Not for sale » de George qui accueille les amis en toute saison.
Chez Shakespeare and Co., je n’ai pas trouvé de trésor, pas de Pléïade de Borgès ou de premières éditions oubliées, rien à enterrer pour mes vieux jours. Je ne sais pas ce qui survivra à George Whitman, mais son rêve (c’est le mot) est toujours présent malgré le nom qui vaut déjà cher et le prix des livres qui monte au rythme
Mieux vaut tard...
vendredi 7 mars 2008
Visite au Zoo de Vincennes
En allant au Zoo de Vincennes, je m’attendais à voir des lions, des ours polaires, des éléphants, des hippopotames, je sais pas… des animaux amusants. Mais le zoo n’est plus ce qu’il était.
En effet, l’endroit a quelque chose de glauque. Plusieurs enclos sont vides. Il y a peu de visiteurs. De grandes affiches annoncent le projet d’échange avec Madagascar de 2001 devant des cages sans vie. Les immenses rochers de béton, construits dans les années trente, sont aujourd’hui pleins de trous. Tellement que les responsables du zoo ont dû se débarrasser des fauves (parce qu’ils pouvaient s’enfuir par les trous des rochers et semer la terreur dans les rangs des sorties scolaires, j’imagine).
Résultat : il ne reste plus qu’un tas de ruminants qui broutent toute la journée : caribou, buffle, antilope, oryx... Tous pareils! Ennuyants... Sinon, les babouins se battent, crient et baisent pour faire rire les enfants (« Papa, il joue le babouin?
— Oui, c’est ça, il joue à faire des va et viens dans son... »)
Il y a aussi des hippopotames nains (qui dormaient), des loups (que je suspecte être des chiens déguisés) et des phoques (qui faisaient du surplace en attendant d’être nourris).
Et puis, il y a les girafes. Quand on y est allé, elles étaient encore dans leur bocal parce qu’il faisait trop froid (elles sont sorties plus tard). Alors, on est entré, Mélanie a dit : « Oua! C’est grand une girafe!
— Aaattcchoumm… »
Et mes yeux se sont mis à couler. Et mon nez s’est mis à moucher. Merde, je pensais pas qu’on pouvait être allergique à la girafe.
Résultat : il ne reste plus qu’un tas de ruminants qui broutent toute la journée : caribou, buffle, antilope, oryx... Tous pareils! Ennuyants... Sinon, les babouins se battent, crient et baisent pour faire rire les enfants (« Papa, il joue le babouin?
— Oui, c’est ça, il joue à faire des va et viens dans son... »)
Il y a aussi des hippopotames nains (qui dormaient), des loups (que je suspecte être des chiens déguisés) et des phoques (qui faisaient du surplace en attendant d’être nourris).
Et puis, il y a les girafes. Quand on y est allé, elles étaient encore dans leur bocal parce qu’il faisait trop froid (elles sont sorties plus tard). Alors, on est entré, Mélanie a dit : « Oua! C’est grand une girafe!
— Aaattcchoumm… »
Et mes yeux se sont mis à couler. Et mon nez s’est mis à moucher. Merde, je pensais pas qu’on pouvait être allergique à la girafe.
samedi 1 mars 2008
Orange et bribes
Je devais être sur Wikipédia en train de lire sur l’histoire de l’écrou ou de la guerre de Silésie. Sauf que Mélanie ne voyait pas la journée comme ça : « On s’emmerde.
– Ouais, mais qu’est-ce que tu veux qu’on fasse?
– Je sais pas…
– Aller au musée?
– Nan…
– Au cinéma?
– On y va déjà ce soir.
– Euh… au zoo de Vincennes?
– Trop tard…
– Qu’est-ce que tu veux faire sinon?
– Me faire teindre les cheveux en orange. »
On part donc à la recherche d’un salon de coiffure. On trouve un premier salon. Moyenne d’âge : 73 ans. Mauvaise idée pour du orange. Autre salon, trop cher. Alors, en remontant, on trouve un petit salon qui ne paie pas de mine. Mélanie hésite un peu, puis on entre.
Le propriétaire nous accueille. Il y a de la place. Mélanie s’installe et moi je lis le nouveau numéro de Liberté que Mathieu a ramené avec lui. Déjà, il y a quelque chose d’étrange dans ce salon, on s’y sent bien.
Daniel, le maître coiffeur, a un bon sourire, et la parole facile. Pendant que j’attends, il me parle de son frère qui vit à Montréal. Il me fait visiter, m’amène à l’arrière et m’ouvre la porte qui donne sur une jolie cour arrière. On m’offre du café pendant que Mélanie se fait badigeonner les cheveux.
À côté, la coiffeuse parle avec sa cliente nerveuse à qui elle fait des reflets rouges pour la première fois :
« Je me demande bien qu’est-ce qu’il faut faire pour les garder, les hommes. »
Et tout le monde cause, donne son opinion.
Puis, un peu plus tard, un gros homme entre, il doit avoir dans la cinquantaine. Daniel l’accueille, il l’installe. « Ah! Il faut que t’entendes ma dernière.
– Je savais que je ne pourrais pas m’en tirer sans ma blague juive. »
Il s’avance : « D’accord, c’est un Hassidim qui veut louer un appartement. Il a les boudins et tout et il arrive devant la propriétaire, mais elle lui répond qu’elle ne peut pas louer à quelqu’un qui n’est pas chrétien. Le Juif répond : “Mais c’est la même chose. Posez une question n’importe laquelle, vous verrez.
– Qui est le père de Jésus?
– Joseph.
– Sa mère?
– Marie.
– Et il est né où, Jésus?”
Là, le Juif attend un peu.
“Dans une étable, à cause de gens comme vous qui ne veulent pas louer à des Juifs.” »
Dans le salon, tout le monde écoute, rit un peu. Et Daniel retourne à son client et lui demande comment il veut ses cheveux.
« Coupe-moi les assez longs une dernière fois avant de me les raser pour de bon. »
Et leur conversation dérive sur les problèmes de sommeil de Daniel : « Je peux pas dormir sans musique, c’est impossible. Je crois que c’est parce que, quand j’étais enfant, au Maroc, il y’avait toujours des tas de gens dans la maison qui parlaient tard. »
Et puis, Mélanie finit d’être décolorée. Tout le monde aime le orange comme ça, mais il faut encore la teindre. Le gros homme se tourne vers moi et me dit :
« Oh… tu risques de te la faire piquer. Moi, je dis jamais à ma femme comment je voudrais qu’elle se coiffe, parce que j’aurais trop peur qu’on me la siffle après. Fais attention. »
Et puis la conversation dérive sur la jalousie. Daniel parle de son frère qui a inscrit sa fille à des cours de piano à Montréal. Il arrive au cours de sa fille, voit la prof. Elle est superbement belle. Donc, il s'inscrit et prend des cours. Sa femme lui demande comment elle est, la prof, il lui répond : « bof, grande ». Et puis, un jour, il arrive au cours et sa prof lui annonce qu’il n’y aura pas de cours la semaine prochaine parce qu’elle se marie. Et, lui, il répond : « Pouvez-vous m’apprendre la Marche Funèbre? »
Finalement, un autre jour, elle lui demande pour des soins dentaires (il est dentiste ou orthodontiste) et vient à son cabinet. Sauf que, quand sa femme (qui est aussi son assistante) voit finalement la jolie prof en question, elle lui interdit à jamais de prendre des cours.
Puis, la dame aux mèches de tout à l’heure, qui vient se faire laver les cheveux, ajoute :
« Une de mes amies, elle a rencontré un homme sur le chatche. Deux ans que ça a duré. Et puis, un jour, pour voir, elle a fait chatcher une de ses amies avec le type. Elle chatche comme ça et, lui, il la drague. Sauf qu’il ne savait pas que l’autre était en arrière et il donne un rendez-vous à son amie. Alors, elle est allée l’attendre comme ça et lui a dit ce qu’elle pensait, qu’il était un beau salop et tout. Maintenant, elle fait attention. »
La teinture de Mélanie prend du temps, il faut en ajouter, relaver. Déjà, le gros homme part et salue Daniel en blaguant un peu triste : « Alors, on se revoit à l’hôpital… » La dame aux mèches est déjà partie et le maître coiffeur me montre les photos de ses coiffeuses quand elles étaient jeunes, il parle de sa femme et d’autres choses.
On a dû rester quatre heures, le temps que Mélanie ressorte fière de son explosion de cheveux orange, mais je ne m’étais jamais autant amusé à attendre. Y’a de ces oasis de gens.
– Ouais, mais qu’est-ce que tu veux qu’on fasse?
– Je sais pas…
– Aller au musée?
– Nan…
– Au cinéma?
– On y va déjà ce soir.
– Euh… au zoo de Vincennes?
– Trop tard…
– Qu’est-ce que tu veux faire sinon?
– Me faire teindre les cheveux en orange. »
On part donc à la recherche d’un salon de coiffure. On trouve un premier salon. Moyenne d’âge : 73 ans. Mauvaise idée pour du orange. Autre salon, trop cher. Alors, en remontant, on trouve un petit salon qui ne paie pas de mine. Mélanie hésite un peu, puis on entre.
Le propriétaire nous accueille. Il y a de la place. Mélanie s’installe et moi je lis le nouveau numéro de Liberté que Mathieu a ramené avec lui. Déjà, il y a quelque chose d’étrange dans ce salon, on s’y sent bien.
Daniel, le maître coiffeur, a un bon sourire, et la parole facile. Pendant que j’attends, il me parle de son frère qui vit à Montréal. Il me fait visiter, m’amène à l’arrière et m’ouvre la porte qui donne sur une jolie cour arrière. On m’offre du café pendant que Mélanie se fait badigeonner les cheveux.
À côté, la coiffeuse parle avec sa cliente nerveuse à qui elle fait des reflets rouges pour la première fois :
« Je me demande bien qu’est-ce qu’il faut faire pour les garder, les hommes. »
Et tout le monde cause, donne son opinion.
Puis, un peu plus tard, un gros homme entre, il doit avoir dans la cinquantaine. Daniel l’accueille, il l’installe. « Ah! Il faut que t’entendes ma dernière.
– Je savais que je ne pourrais pas m’en tirer sans ma blague juive. »
Il s’avance : « D’accord, c’est un Hassidim qui veut louer un appartement. Il a les boudins et tout et il arrive devant la propriétaire, mais elle lui répond qu’elle ne peut pas louer à quelqu’un qui n’est pas chrétien. Le Juif répond : “Mais c’est la même chose. Posez une question n’importe laquelle, vous verrez.
– Qui est le père de Jésus?
– Joseph.
– Sa mère?
– Marie.
– Et il est né où, Jésus?”
Là, le Juif attend un peu.
“Dans une étable, à cause de gens comme vous qui ne veulent pas louer à des Juifs.” »
Dans le salon, tout le monde écoute, rit un peu. Et Daniel retourne à son client et lui demande comment il veut ses cheveux.
« Coupe-moi les assez longs une dernière fois avant de me les raser pour de bon. »
Et leur conversation dérive sur les problèmes de sommeil de Daniel : « Je peux pas dormir sans musique, c’est impossible. Je crois que c’est parce que, quand j’étais enfant, au Maroc, il y’avait toujours des tas de gens dans la maison qui parlaient tard. »
Et puis, Mélanie finit d’être décolorée. Tout le monde aime le orange comme ça, mais il faut encore la teindre. Le gros homme se tourne vers moi et me dit :
« Oh… tu risques de te la faire piquer. Moi, je dis jamais à ma femme comment je voudrais qu’elle se coiffe, parce que j’aurais trop peur qu’on me la siffle après. Fais attention. »
Et puis la conversation dérive sur la jalousie. Daniel parle de son frère qui a inscrit sa fille à des cours de piano à Montréal. Il arrive au cours de sa fille, voit la prof. Elle est superbement belle. Donc, il s'inscrit et prend des cours. Sa femme lui demande comment elle est, la prof, il lui répond : « bof, grande ». Et puis, un jour, il arrive au cours et sa prof lui annonce qu’il n’y aura pas de cours la semaine prochaine parce qu’elle se marie. Et, lui, il répond : « Pouvez-vous m’apprendre la Marche Funèbre? »
Finalement, un autre jour, elle lui demande pour des soins dentaires (il est dentiste ou orthodontiste) et vient à son cabinet. Sauf que, quand sa femme (qui est aussi son assistante) voit finalement la jolie prof en question, elle lui interdit à jamais de prendre des cours.
Puis, la dame aux mèches de tout à l’heure, qui vient se faire laver les cheveux, ajoute :
« Une de mes amies, elle a rencontré un homme sur le chatche. Deux ans que ça a duré. Et puis, un jour, pour voir, elle a fait chatcher une de ses amies avec le type. Elle chatche comme ça et, lui, il la drague. Sauf qu’il ne savait pas que l’autre était en arrière et il donne un rendez-vous à son amie. Alors, elle est allée l’attendre comme ça et lui a dit ce qu’elle pensait, qu’il était un beau salop et tout. Maintenant, elle fait attention. »
La teinture de Mélanie prend du temps, il faut en ajouter, relaver. Déjà, le gros homme part et salue Daniel en blaguant un peu triste : « Alors, on se revoit à l’hôpital… » La dame aux mèches est déjà partie et le maître coiffeur me montre les photos de ses coiffeuses quand elles étaient jeunes, il parle de sa femme et d’autres choses.
On a dû rester quatre heures, le temps que Mélanie ressorte fière de son explosion de cheveux orange, mais je ne m’étais jamais autant amusé à attendre. Y’a de ces oasis de gens.
vendredi 22 février 2008
Dieu
Je ne sais pas si les prophètes ont reçu la parole divine dans une enveloppe brune mais, pour moi, c’est comme ça que c’est arrivé. Une enveloppe banale, a priori, avec des timbres canadiens. Sauf qu’à l’intérieur il y avait deux sachets de sauce brune…
Bon d’accord, j’avais pas le fromage en crottes, ni les frites de bord de 132 (j’suis pas en Belgique, quand même). Certains diraient même que de l’Edam râpé sur une poutine ça tient du sacrilège. Mais faute de pain on mange… enfin, vous savez.
De sentir le fromage fondre délicatement sous l’effet de la chaleur du gravy, se répandre lentement sur les frites pour s’amalgamer à cet amas brun de saveur et de gras, j’avais presque envie de mettre une chemise à carreaux, d’aller couper des platanes et de les envoyer flotter sur la Seine pour draver jusqu’au Havre. Je serais allé faire de la raquette sur le Montmartre, chasser le carcajou aux Buttes Chaumont, entailler les marronniers des Tuileries, n’importe quoi parce que ça goûtait le Québec, le vrai, celui qui est un pays depuis 95 et où le but d’Alain Côté était bon.
De penser à ces vaches noires et blanches broutant les brins d’herbe battus par le vent du St-Laurent pour donner ce lait délicatement moulé en crotte, à ces patates plantées dans la terre rocheuse des Appalaches défrichée par les mains dures des colons rêveurs et aux Iroquois échangeant les jarres de sauce brune passées de portage en portage depuis les Grands Lacs et le ventre sauvage de l’Amérique contre des bouts de miroirs, je savais que la vérité était devant moi, et que cette vérité n’avait qu’un seul et unique nom : de la poutine!
Bon d’accord, j’avais pas le fromage en crottes, ni les frites de bord de 132 (j’suis pas en Belgique, quand même). Certains diraient même que de l’Edam râpé sur une poutine ça tient du sacrilège. Mais faute de pain on mange… enfin, vous savez.
De sentir le fromage fondre délicatement sous l’effet de la chaleur du gravy, se répandre lentement sur les frites pour s’amalgamer à cet amas brun de saveur et de gras, j’avais presque envie de mettre une chemise à carreaux, d’aller couper des platanes et de les envoyer flotter sur la Seine pour draver jusqu’au Havre. Je serais allé faire de la raquette sur le Montmartre, chasser le carcajou aux Buttes Chaumont, entailler les marronniers des Tuileries, n’importe quoi parce que ça goûtait le Québec, le vrai, celui qui est un pays depuis 95 et où le but d’Alain Côté était bon.
De penser à ces vaches noires et blanches broutant les brins d’herbe battus par le vent du St-Laurent pour donner ce lait délicatement moulé en crotte, à ces patates plantées dans la terre rocheuse des Appalaches défrichée par les mains dures des colons rêveurs et aux Iroquois échangeant les jarres de sauce brune passées de portage en portage depuis les Grands Lacs et le ventre sauvage de l’Amérique contre des bouts de miroirs, je savais que la vérité était devant moi, et que cette vérité n’avait qu’un seul et unique nom : de la poutine!
mercredi 20 février 2008
La Boqueria
lundi 18 février 2008
Montjuic
Aventures barcelonaises - 2 - Du jus et du lapin
El Zumo
Je me suis plaint de l’auberge, mais le quartier était bien. À deux pas des Ramblas. À côté, il y avait un bar dont le comptoir donnait sur la rue. Les gens se tenaient debout sur le trottoir pour boire leur Estrella ou leur café en fumant des Marlboros.
Et puis y’avait le marché de la Boqueria. Le plus beau que j’aie jamais vu, je crois, avec des saucissons énormes qui pendaient des étalages des charcutiers, des fruits qui éclatant de couleur pour pas cher, des tas de poissons étranges, des lapins morts suspendus par les pattes, des têtes de mouton et surtout des jus de fruits. À la fin, la fille des jus de fruits nous connaissait. On a dû en boire vingt.
On a fini par changer d’auberge. Aller à Barcelona Mar, deux rues plus loin. Propre, amicale, eau froide et chambre surpeuplée : l’auberge parfaite.
Surtout qu’on pouvait encore aller chercher des jus au marché et aller regarder les animaux des marchands sur la Rambla.
El conejo
Ça a commencé par une expérience culinaire. Le comptoir en stainless et les vieux attablés au Pollo Rico faisaient ressembler le restaurant à un snack bar de St-Henri. On est entrés, plus ou moins sûrs de nous. Tout le monde parlait catalan. Les touristes étaient plus ou moins les bienvenus.
N’empêche que le poulet et les frites étaient excellents. Pour pas cher en plus. Alors, on s’est dit qu’on reviendrait manger quelque chose de plus typique.
Mauvaise idée.
On revient le soir. « Voy a tomar el bacalao.
— Comer.
— Perdón, comer…
— Y por la señora ?
— El conejo. »
Conejo. Co-ne-jo : trois syllabes (qui veulent dire lapin) et que Mélanie n’oubliera sans doute jamais. Parce qu’on lui en a servi, du lapin, pas de doute.
Ni salade, ni frites, ni patates, ni riz, ni purée, ni sauce : du lapin. Mort, le lapin. Avec ses yeux opaques et deux petites dents blanches. Avec la tête, s’il vous plaît. Jamais rien vu d’aussi mort. « Mon Dieu », que Mélanie a dit (ou quelque chose du genre).
Et puis, elle a commencé à manger. Pour ne pas trop faire touriste. Mais, à bout de supporter le regard inanimé de son repas, elle a fini par le tourner pour découvrir qu’il n’avait pas été vidé non plus. Cœur, foie, reins, un vrai cours d’anatomie… Du pur produit d’Espagne (z’avaient même laissé le collant « Producto de España »).
Je me suis plaint de l’auberge, mais le quartier était bien. À deux pas des Ramblas. À côté, il y avait un bar dont le comptoir donnait sur la rue. Les gens se tenaient debout sur le trottoir pour boire leur Estrella ou leur café en fumant des Marlboros.
On a fini par changer d’auberge. Aller à Barcelona Mar, deux rues plus loin. Propre, amicale, eau froide et chambre surpeuplée : l’auberge parfaite.
Surtout qu’on pouvait encore aller chercher des jus au marché et aller regarder les animaux des marchands sur la Rambla.
El conejo
Ça a commencé par une expérience culinaire. Le comptoir en stainless et les vieux attablés au Pollo Rico faisaient ressembler le restaurant à un snack bar de St-Henri. On est entrés, plus ou moins sûrs de nous. Tout le monde parlait catalan. Les touristes étaient plus ou moins les bienvenus.
Mauvaise idée.
On revient le soir. « Voy a tomar el bacalao.
— Comer.
— Perdón, comer…
— Y por la señora ?
— El conejo. »
Conejo. Co-ne-jo : trois syllabes (qui veulent dire lapin) et que Mélanie n’oubliera sans doute jamais. Parce qu’on lui en a servi, du lapin, pas de doute.
Ni salade, ni frites, ni patates, ni riz, ni purée, ni sauce : du lapin. Mort, le lapin. Avec ses yeux opaques et deux petites dents blanches. Avec la tête, s’il vous plaît. Jamais rien vu d’aussi mort. « Mon Dieu », que Mélanie a dit (ou quelque chose du genre).
Et puis, elle a commencé à manger. Pour ne pas trop faire touriste. Mais, à bout de supporter le regard inanimé de son repas, elle a fini par le tourner pour découvrir qu’il n’avait pas été vidé non plus. Cœur, foie, reins, un vrai cours d’anatomie… Du pur produit d’Espagne (z’avaient même laissé le collant « Producto de España »).
mardi 12 février 2008
Aventures barcelonaises - 1 - L'Emmerdeur des Canaries
« Buenos dia
- Gnchhéé »
J’attrape la montre. Cinq heures. Le soleil n’éclaire pas encore le puits de lumière. Et je vois l’autre emmerdeur des Canaries qui se lève pour aller faire son jogging.
« Voy a correr en la Barcelonetta… »
Je me roule sur le côté. Plus moyen de dormir. Il a ouvert la lumière.
Il y a des gens comme ça. On leur dit bonjour une fois et c’est fini. Encore, celui-là c’en était un particulier : un marathonien. Infatigable.
Ça avait commencé la veille par le régime alimentaire. Description détaillée de ses repas de la journée, de son kilométrage, de ses heures de sommeil…
« C’est la pire auberge de Barcelone » que m’avait dit Mélanie. Elle m’avait montré les commentaires sur le site. Glauque, sale, laide…
Bon, j’avais fait la réservation donc j’avais défendu mon point. « C’est près de tout! » Mélanie m’avait montré la douche. Le plafond tombait. « C’est quand même propre.
- Les draps puent.
- Pas tellement.
- Va leur dire qu’on s’en va!
- Non… »
Et puis, quand l’autre m’a réveillé : « Voy a ser en Barcelona por siete dias! Podemos hacer muchas cosas después de mi maratón! »
« Ok, on s’en va! »
- Gnchhéé »
J’attrape la montre. Cinq heures. Le soleil n’éclaire pas encore le puits de lumière. Et je vois l’autre emmerdeur des Canaries qui se lève pour aller faire son jogging.
« Voy a correr en la Barcelonetta… »
Je me roule sur le côté. Plus moyen de dormir. Il a ouvert la lumière.
Il y a des gens comme ça. On leur dit bonjour une fois et c’est fini. Encore, celui-là c’en était un particulier : un marathonien. Infatigable.
Ça avait commencé la veille par le régime alimentaire. Description détaillée de ses repas de la journée, de son kilométrage, de ses heures de sommeil…
« C’est la pire auberge de Barcelone » que m’avait dit Mélanie. Elle m’avait montré les commentaires sur le site. Glauque, sale, laide…
Bon, j’avais fait la réservation donc j’avais défendu mon point. « C’est près de tout! » Mélanie m’avait montré la douche. Le plafond tombait. « C’est quand même propre.
- Les draps puent.
- Pas tellement.
- Va leur dire qu’on s’en va!
- Non… »
Et puis, quand l’autre m’a réveillé : « Voy a ser en Barcelona por siete dias! Podemos hacer muchas cosas después de mi maratón! »
« Ok, on s’en va! »
jeudi 31 janvier 2008
Barcelone
Les dernières semaines ont été marquées par les visites de la famille et de Mathieu, ce qui n'a pas laissé beaucoup de temps pour le blogue. Prochaine étape : Barcelone. Des nouvelles dans une semaine (ou à partir d'un café internet là-bas).
mardi 1 janvier 2008
2008 dans le RER
Nous allions rencontrer Peter et ses amis au Some Girls, métro Bastille, pour fêter le Nouvel An (ou la St-Sylvestre, comme disent les Français). L’ennui, c’est que le bar était fermé. Pas de cellulaire, pas de carte d’appel, on tombe sur Peter et sa bande par hasard : « C’est fermé…
— Ce n’est pas grave, c’est pas les bars qui manquent. »
Sauf que le 31 au soir, tout ce qu’on trouve c’est des boîtes à 20 euros l’entrée. À oublier. On passe à l’épicerie, on prend des canettes de bière pour emporter. La bière dans le métro a quelque chose de subversif, c’est génial.
Direction St-Michel pour se rendre dans un Irish Pub plutôt ennuyant et cher. Point positif : c’est la lutte à la télé et Austin 3:16 explose deux cannettes de Budweiser en les frappant l’une contre l’autre avant de s’asperger virilement le gosier. On peut pas dire que 2007 est une année ratée.
Et puis on finit par se rendre compte que le décompte est dans trois quarts d’heure, on se dépêche, on prend le métro à St-Michel. Évidemment, c’est la cohue dans le RER C qui mène au Champ-de-Mars.
On finit par entrer, Peter, Mélanie et moi (les autres Anglais sont restés au Irish Pub). Le temps presse, 2007 se fait vieille. Les stations passent, les portes mettent toujours trop longtemps à fermer, mais l’ambiance est à la fête dans le wagon.
« Cinq minutes, que me répond Mélanie à qui je n’arrête pas de demander l’heure.
— Merde. »
Évidemment, c’est l’embouteillage à la sortie. Nous courrons, mauvaise direction, autre côté : rebouchon. Ça n’avance pas du tout. Le temps presse.
Puis, quelque part dans la foule bloquée dans le tunnel de la station Champ-de-Mars, ça commence à crier : « 5… 4… 3… 2… 1… Bonne année, Feliz año nuevo, Happy New Year !!! ».
On sort quelques secondes plus tard, la Tour est illuminée et les feux d’artifice explosent. 2007 vient de se terminer dans un couloir bondé qui sentait le pipi. Pas grave, dehors, c’est la fête.
— Ce n’est pas grave, c’est pas les bars qui manquent. »
Sauf que le 31 au soir, tout ce qu’on trouve c’est des boîtes à 20 euros l’entrée. À oublier. On passe à l’épicerie, on prend des canettes de bière pour emporter. La bière dans le métro a quelque chose de subversif, c’est génial.
Direction St-Michel pour se rendre dans un Irish Pub plutôt ennuyant et cher. Point positif : c’est la lutte à la télé et Austin 3:16 explose deux cannettes de Budweiser en les frappant l’une contre l’autre avant de s’asperger virilement le gosier. On peut pas dire que 2007 est une année ratée.
Et puis on finit par se rendre compte que le décompte est dans trois quarts d’heure, on se dépêche, on prend le métro à St-Michel. Évidemment, c’est la cohue dans le RER C qui mène au Champ-de-Mars.
On finit par entrer, Peter, Mélanie et moi (les autres Anglais sont restés au Irish Pub). Le temps presse, 2007 se fait vieille. Les stations passent, les portes mettent toujours trop longtemps à fermer, mais l’ambiance est à la fête dans le wagon.
« Cinq minutes, que me répond Mélanie à qui je n’arrête pas de demander l’heure.
— Merde. »
Évidemment, c’est l’embouteillage à la sortie. Nous courrons, mauvaise direction, autre côté : rebouchon. Ça n’avance pas du tout. Le temps presse.
Puis, quelque part dans la foule bloquée dans le tunnel de la station Champ-de-Mars, ça commence à crier : « 5… 4… 3… 2… 1… Bonne année, Feliz año nuevo, Happy New Year !!! ».
On sort quelques secondes plus tard, la Tour est illuminée et les feux d’artifice explosent. 2007 vient de se terminer dans un couloir bondé qui sentait le pipi. Pas grave, dehors, c’est la fête.
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